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Actualites
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Kaoutar Harchi est une des surprises de la rentrée littéraire française. Française d’origine marocaine, elle a choisi l’écriture pour trouver des réponses à ses questions sur l’identité.
« Immigrés, mes parents ont toujours eu de la difficulté à évoquer ce qu’a été leur histoire au Maroc, le poids de l’exil. Je me suis ainsi retrouvé face à des silences perpétuels. C’est devenu insupportable, j’avais besoin qu’on me raconte une histoire » explique-t-elle en marge du salon du livre de Casablanca où nous l’avons rencontré.
« Mes parents étant dans l’impossibilité d’opérer cette transmission, j’ai rencontré sur mon chemin des écrivains pour la plupart algérien qui sont devenus mes « pairs », qui m’ont servi de référent » ajoute la jeune romancière passionnée par l’œuvre de l’écrivain algérien Kateb Yassine à qui elle a consacré un doctorat.
Dans ses deux derniers romans, « L’ampleur du saccage » et « Zone cinglée », Kaoutar Harchi qui est aussi spécialisée dans la socio-anthropologie, relate les trajectoires tragiques de personnages qui ont des difficultés à s’accomplir.
« Mes personnages sont à mon image, en inadéquation totale avec le monde dans lequel ils existent. » affirme Kaoutar Harchi qui réfute « cette idée qu’il faille choisir son camp et rester fidèle aux siens ».
« Je crois que c’est très compliqué de rester fidèle à sa communauté à la famille au groupe parce que l’objectif est aussi d’exister en tant qu’individu et d’être libre émancipé et totalement maître de ses choix » se justifie-t-elle en soulignant le rôle de l’écriture dans cette démarche :
« Mettre les choses par écrit est un début de mis en ordre. Le fait de passer par l’écriture permet de me libérer d’un certain regard familial et de m’exposer à un regard plus large mais un regard d’anonymes cela m’a permis de m’émanciper et de dire : « voilà, j’ai payé le prix de ma liberté ».
Le prix de cette liberté ? La peur de mettre à nue ses idées, mais une peur voulue et assumée comme elle l’explique. « Je crois que c’est ce que je recherchais en fait. J’avais besoin d’aller à la confrontation. Celle avec mes parents ne s’est pas opéré, c’est d’autres confrontations qui se sont mises en place, dont celle avec le public ».
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