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Du nouveau du côté de Barry. « Fi Casa » c’est le nom du dernier single dont il apporte les dernières retouches en compagnie de Vagabond, un chanteur de reggae belge qui se propose d’apposer des notes contestataire à la fusion de Barry pour un décryptage de la capitale économique. Interview:
Comment s’est faite la rencontre avec Vagabond ?
En fait, c’est le producteur du groupe, une ancienne connaissance qui m’a présenté à Vagabond, chanteur de reggae qui vit à Bruxelles. Notre rencontre remonte à une vingtaine de jours lors d’un concert que j’ai fait avec l’association « Darkom » en Belgique. On m’a proposé de travailler avec lui. Ma kain mouchkil. J’étais partant. C’est ainsi que Vagabond et ses musiciens sont venus au Maroc. Les arrangements vont être réalisés en Belgique où je compte me rendre après l’Aid afin de finir l’enregistrement.
Sur quelle thématique s’est faite la rencontre ?
Casa. Tout simplement. Ce lieu, car en arrivant Vagabond a très vite été pris et séduit par cette ville grouillante. Je lui ai proposé d’en faire un thème d’inspiration. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé à décrypter Casa. Lui en relevant ce qui lui plaît. Moi en soulevant ce qui me déplait.
Ou en est la préparation de ton prochain album ?
La sortie est prévue pour 2012. Mais pas la peine de t’expliquer que l’obstacle majeur reste l’argent. Mais ça se débloque, du moins je le pense.
En autoproduction ?
Pour l’instant. Les arrangements et la composition sont concocté maison. Maintenant on a commencé les répéts.
Avec toujours pour trame de fond cet univers urbain décrié comme dans « Siba », ton dernier album ?
Oui. Toujours dans cette continuité. Avec les mêmes thématiques critiques qu’auparavant, mais quelques variantes en rapport avec des événements récents. Mais oui toujours avec la même verve. Sinon pas besoin de continuer.
Sur le plan musical ?
Le son de cet album sera toujours une fusion world, mais plus rock (basse, batterie, guitare) et hip-hop, avec bien entendu des instruments marocains comme le Hajhouj.
Cela fait une bonne décennie que tu représentes la scène alternative au Maroc.
J’ai débuté en 93. Je fais parti des fondateur de ce qu’on appellera plus tard la nouvelle scène. Je crois qu’on a accéléré un mouvement qui devait un jour ou l’autre faire son apparition. Avec l’avènement des festivals dans les années 2000 et l’expression d’une culture alternative on pensait la cause gagné sur le plan artistique. Mais il n’en est rien. Ici, rien n’est véritablement fait pour encourager l’éclosion de l’art. On ne fait que s’accompagner mutuellement en apposant des couleurs par ci par là en donnant l’illusion d’un objet artistique mais ça n’existe pas au Maroc.
Pourquoi à ton avis ce genre musical n’a jamais véritablement décollé ?
Ce décollage n’est tout simplement pas possible pour des raisons d’infrastructures. Parce que tout simplement la législation dans ce pays ne suit pas. Il faut que les auteurs soit juridiquement protégé, mais pas uniquement, le producteur aussi. Ce dernier doit avoir la garantie minimum d’un retour sur investissement. Or sans une protection juridique de l’œuvre. Ce n’est pas possible.
Dans ces conditions, comment faire de sa musique son principal revenu ?
Au prix d’efforts considérables. Je dois au minimum, minimum, minimum assurer 30 concerts par ans sur des grandes scènes. En sachant qu’une bonne partie de ce budget est réinjecté pour créer de la musique puisque comme tu le sais on travail essentiellement en mode autoproduction. Je vais bientôt clore 20 ans de carrière et si j’arrête je n’aurai pas de quoi vivre.